18 mai 2008
16. H I P - H O P
Mecredi 14 mai, Forum de Falaise
Pas de Quartier, Cie Le Théatre du Voile Déchiré (Sarcelles)
"Prenant pour thème principal la mixité, née des attaches profondes qui nous lient à l'Afrique Noire et aux guetthos américians, point de la culture Hip Hop, ce spectacle met en exergue la difficulté du rapport à l'autre, à l'étranger."
C'est sur une scène, non pas dansée, mais quasi théâtralisée de guerre que s'ouvre le spectacle. Chaque flash de lumière est accompagné d'un bruit de bombe qui explose, et les corps sursautent, et tombent au sol. ou plutot, les corps sautent en l'air et s'écrasent sur le sol. Il y a des morts. Et oui, la guerre, c'est triste. En fait, c'est le film Indigènes qui revit sur la scène du forum. Jamel en moins. Mais les tableaux s'enchainent. Et après les combats, vient le retour au pays, sans les récompenses ou même les remerciements. Rentrez chez vous. Montrez vos blessures. Et dans les colonies, on se partage entre haine de la patrie, ou amour par dessus tout. Le tout avec humour. Après les fêtes, la rencontre, le mariage, solo pour le maire d'une ville colonisée. Et c'est d'une reconstitution dansée de l'Histoire avec un grand H qu'on passe à la reconstitution de l'historique du milieu du hip hop : battle au centre du propos, et c'est bien sur le public qui choisit les vainqueur. Entre temps, démonstration pure des performances de chaque danseur : face au public, sous la douche, regardez, je sais faire le grand écart. Après apogée du spectacle, à savoir, tableau avec Beat-Box, qui remplace la danse, qui alors ne revet que le rôle secondaire, c'est le bouquet final : tous les danseurs se retrouvent dans un unisson presque parfait, face public. Ce qui étonne : la fin de l'unisson, agencé de tel manière qu'il empiète déja sur les saluts.
Le risque était de nous faire une narration pure et dure des problèmes que la Seconde Guerre Mondiale a causé dans les colonies. De faire de ce spectacle de hip hop, culture qui se veut revendicatrice, un spectacle au message politiquement correct. Et c'est le cas. Des intermèdes de chansons populaires de soldats et de rap au message toujours politiquement correct viennent combler le vide entre les tableaux, laissant ainsi le temps aux autres danseurs de se changer pour la suite. "Laisse la danse parler" qu'on nous ordonne. Et bien soit, mais quand est-ce qu'elle va revenir la danse ? Heureusement, ce qui sauve le spectateur de ce cours d'histoire un peu original, c'est l'humour, et la traditionnelle joie que les danseurs de hip hop arrivent à communiquer au public, dans chaque représentation. Leurs sourires sont contagieux. Leurs mouvements sont drôles. Dommage que le hip hop ne soit ici que démonstration de performance. Malgré quelques tableaux à tendance poétique (trop rares malheureusement !), c'est la démonstration qui l'emporte. Dernière chose : dommage que la vidéo, en fond de scène, n'est pas été plus exploitée. On la remarque vraiment quand, au moment des saluts, elle nous révèle le "blaz" de chaque danseurs. Le reste du temps, elle se fond dans le décors, constituté du seul rideau noir du fond de scène. Pas de chance.

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